Je veux rentrer chez moi

Written in

by

Exposition personnelle DE DALILA ALAOUI, MOINS DE 2 ans après l’AKAA PARIS. VERNISSAGE LE JEUDI 18 JUIN 18H-21.

Octobre 2024 : la Galerie Cécile Dufay présente à l’AKAA Paris un solo show Dalila Alaoui, « Nos Saisons Sur La Terre », dont la qualité sera saluée par Beaux-Arts Magazine.

https://www.beauxarts.com/expos/foires-off-nos-plus-belles-decouvertes-2024-dasia-now-akaa-offscreen-et-paris-internationale

L’artiste présentait un large panorama, dans une scénographie audacieuse, de cette série née sur l’Ile de la Réunion. Une partie de ces travaux sera présentée à Bologne ensuite (Nebbam Gallery), et donne lieu à une résidence qui aura lieu à la rentrée prochaine à Bruxelles, chez PicMol.

De retour de résidence à Essaouira (Centre d’Art Contemporain Ifitri), Dalila Alaoui présente pour cette dernière exposition de la saison, dans sa galerie parisienne du Village Suisse, un choix d’oeuvres sur papier dont le mantra, Je Veux Rentrer Chez Moi, irrigue l’ensemble de son oeuvre.

Franco-Marocaine, arrivée en France pour entrer aux Beaux-Arts de Paris, Dalila Alaoui fait dialoguer deux cultures, deux histoires, et tente aussi de restaurer les manques et de matérialiser les déchirures de la transmission.

Comment rentrer dans un « chez soi » devenu largement imaginaire ? Quel chez-soi est le bon ? Inversant avec humour l’agression raciste du « Rentre chez toi », elle retourne l’injonction en la souhaitant, soulignant ainsi son ridicule et son impossible, mais aussi l’appel du pays natal, du pays d’enfance, d’un héritage fantasmatique et réel, et de l’innénarable retour. On ne remonte pas le cours d’un fleuve. Mais pourtant l’artiste a cette faculté de peindre le monde à ses propres couleurs, de mélanger les références visuelles. Habite-t-on chez-soi réellement un jour ? Cette quête d’un foyer absolu est-elle réalisable ? Ou même imaginable ?

Commencée par la grande référence à la Mère-Patrie marocaine, celle du caftan des femmes-Reines, et pourtant si vulnérables, l’exposition offre un parcours pastel et subtil, élégant et lumineux, rose, vert et noir, qui aboutit à un cri de révolte souriant : Faisons Abus de Liberté. Une oeuvre de 2025 emblématique, inhabituelle car ornée de mots, mais centrale dans le propos de Dalila Alaoui.

Dans ce parcours d’exposition, la clef réside en Italie, patrie absolue des artistes, sans doute. Dalila Alaoui revient d’un périple lié à son exposition chez ma consoeur de la Nebbam Gallery à Bologne. « Oltremare, Un Altro Mare » l’aura aussi conduite dans les terres… de Sienne. L’éblouissement est total devant les fresques d’Ambrogio Lorenzetti. Au début du 14° siècle, le maître réalise une fresque double, monumentale, dans la Salle de la Paix. Les effets du bon et du mauvais gouvernement. Le bon conduit à la joie et à la prospérité, le mauvais à la guerre et à la désolation.

Dans un monde profondément traumatisé par le retour accéléré de la guerre, des massacres, des transgressions et des déplacements massifs de populations, de situations et d’images insoutenables et permanentes, du sentiment d’impuissance et de saturation face à l’horreur, et de la chape de plomb que fait peser le contrôle des populations à une échelle inégalée, la joie dansante, rose et bleue, des effets d’un bon gouvernement du Trecento, infuse grâce à l’artiste dans notre imaginaire.

Car notre premier pays est à tous celui de la paix : extérieure et intérieure. Faisons Abus de Liberté et imaginons d’autres pays, d’autres univers, d’autres appartenances, douces, lumineuses, ironiques. Le pays d’un artiste est celui de la résistance de celui qui sait imaginer autrement, ailleurs. Dalila nous offre cette échappatoire.

Du 18 juin au 19 juillet. Du mercredi au samedi de 14H30 à 19H30 ou sur RV.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Galerie Cécile Dufay

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture