Noirs et Bleus

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Collective, avec : Leodolf Nel, Théophile Brunot NSeke, Hamid Fakhoury, Catherine Burki, Pierre Touron et Miguel Sancho.

Vernissage le mercredi 14 mai,
Exposition du 15 mai au 5 juin 2025.

https://www.pourlartpourlafrique.fr/traverseeesafricaines/travesees-africaines-2025

Pour sa troisième participation à traversées africaines, la galerie choisit de mêler Africains, Afro-descendants et non Africains pour célébrer leur commune aspiration à la Beauté et la liberté des inspirations croisées.

Et présente pour la première fois à Paris Théophile Brunot NSeke (Cameroun), et pour la première fois à la galerie Leodolf Nel (Afrique du sud), qu’elle avait introduit lors de DDessin Paris 2023.


FOCUS SUR … LEODOLF NEL
Afrique du Sud, né en 1980 à Johannesburg

Leodolf Nel est Sud-Africain. Formé au design et au graphisme, il développe une oeuvre singulière centrée sur les visages, essentiellement féminins, extrêmement cohérente et puissante. Blanc d’Afrique, il travaille sur papier blanc, par couches et reprises successives, de grands portraits et bustes noirs, au fusain. Les traits sont brouillés, apparaissant et disparaissant dans le même mouvement. Les yeux, souvent, sont juste esquissés. Mais la magie de leur intensité rappelle les masques, la force et la vitalité du Continent Noir.

En réalité ce sont des visages mixés, superposés, fondus-enchaînés, mêlant les traits de personnes blanches ou noires, manière explicite et efficace de démontrer l’inanité des différences raciales.

Ils sont là, ou pas tout à fait. On peut supposer que cette superposition fait resurgir aussi les traces des êtres disparus, présences ancestrales enfouies dans nos gênes, proches éloignés provisoirement – ou définitivement – mais infiniment présents en nous. Le dessin au fusain de Leodolf Nel ressemble à un rituel. Vaudou, un peu, c’est certain.

Dans la période récente, un peu de couleur est apparue. Non pas quelques traces de sanguine comme il y a quelques années, mais des aplats. Bleus. Un peu de ciel, et avec lui de légèreté, est apparu dans les portraits aux traits charbonneux. Quelques sourires, aussi. Le lien entre terre et ciel, l’humanité et son âme, se recrée doucement. 

La Galerie Cécile Dufay avait été admise à exposer à l’ICTAF, INVESTEC, à Cape Town, cette année. La plus grande foire d’Afrique aurait été ouverte en solo show à l’artiste, sur sollicitation d’ArtNess. Mais pour des raisons impérieuses, cette opportunité n’a pas pu être saisie. Qu’à cela ne tienne, Traversées Africaines permettra de découvrir les tous derniers fusains de l’artiste en plein coeur de Paris Tour Eiffel. 


FOCUS SUR … BRUNOT THEOPHILE NSEKE
Cameroun, né en 1983 à Douala

Théophile Brunot NSeke vit et travaille à Ottawa, et possède désormais la nationalité canadienne. Fasciné dans sa jeunesse par la géométrie et l’univers graphique de la technologie, il étudie ensuite la philosophie, qu’il enseigne. Puis entame en 2003, il y a douze ans, une carrière d’artiste. Exposé au Cameroun, à Toronto, New-York et à Los Angeles, il développe un langage complexe et musical, une intrication de signes-présences évoquant à la fois la partition, les formes immémoriales de représentation présentes dans l’art, l’artisanat, l’écriture hiéroglyphique dans l’ensemble du continent africain, et des créatures de son panthéon personnel, notamment l’oiseau de paradis.
A l’instar d’un Kandinsky, sa peinture et ses dessins sont des hommages à la création, non pas abstraits ou figuratifs, mais symboliques et porteurs d’une sensation visuelle ouvrant des portes sur la compréhension intime et profonde des choses et des êtres. Et sur une structuration de la pensée comme outil spirituel d’appréhension du monde.
L’idée force de l’intrication des formes, symboles, calligraphies, pensées, est de réinterroger la notion de sens : la clarification étant d’un ordre scientifique, alors même qu’il appartient à l’artiste d’épaissir le mystère afin que l’Homme s’y sente à l’aise, dans un univers esthétique et formel qui le porte et l’inclut sans l’évaluer ou le juger.

Brunot Théophile NSeke a choisi la Galerie Cécile Dufay pour le représenter en France. Cette révélation passe par la monstration de ses “Oiseaux Rares”, une série d’encres sur papier (ballpoint pen, format A4), ce qui constitue, dans le cadre de Traversées Africaines, ses premiers pas sur le continent européen. 

“Intrications are the product of an investigation into the aesthetical and spiritual aspects of ancient symbols and scriptures. They are shapes that coalesce in a lively and harmonious structure, like sounds in a symphony. Kandinsky’s intuition of an independent abstract system has nurtured their inception as well as the subconscious transposition of drawing ornamental curves, as in the tribal African sculptures and masks.

In general, a drawing is the first step to formalize the thought in order to make it clear, structured, and articulated. A figurative shape can be used as a cover or context to construct the intricate objects. In this state, we experience proximity and intimacy with the gesture that is widely explored on the canvas.”

B.T. NSeke for Altiba9.com, Interview, 2024


FOCUS SUR … HAMID FAKHOURY
Maroc, né en 1965 à Casablanca

Hamid Fakhoury est sculpteur et peintre. Il arrive en France dans sa petite enfance et vit et travaille depuis dans les Yvelines. D’abord modèle star de l’Agence Elite, repéré à 16 ans, il devient une figure de la vie mondaine parisienne des années 80. En parallèle il développe dessin, peinture et vend des estampes chez Brenner et Prouté. Il exposera en Italie, en France, au Maroc, aux Etats-Unis, où il se lie d’amitié avec Keith Haring. Une longue crise existentielle le conduit à une intense exploration spirituelle : Christianisme, Bouddhisme puis Islam lui ouvrent les portes de l’apaisement. Il développe une statuaire empreinte à la fois de l’influence de l’art premier et des grandes signatures françaises, avec une prédilection pour le modelé viril d’un Bourdelle.
Pierre Passebon le soutient dans le développement de sa sculpture et constitue une collection personnelle de près de 20 pièces, dont son premier bronze. Barbarossa le présente à son tour. Il entre à la Galerie Cécile Dufay en 2022, et expose régulièrement depuis à Paris et Bruxelles. Son travail sera présenté notamment sur le salon DDessin en 2023. Une rétrospective a lieu en mars 2025 à la galerie de Montigny le Bretonneux. En avril 2025 sera inaugurée sa première statue monumentale, un bronze dénommé LES FRERES, financé par l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine, qui célèbrera la fraternité dans la ville de la Verrière, très éprouvée par les émeutes liées à la mort du jeune Nahel.
Ses sculptures mettent à l’honneur une vision profondément nouvelle des hommes : ses Adam sont Africains, à la mâle assurance, ayant eu manifestement à affronter de dures épreuves. Des figures féminines hiératiques et à la dignité hautaine viennent parfois enrichir son oeuvre. Ce langage universel des formes, cette inventivité se jouent de toutes les frontières, d’origines ou sociales. Et elles semblent venir du fond des âges, chargées de la force immémoriale de la magie du continent Africain.
Ses oeuvres picturales développent une cosmogonie personnelle, où plongeons en eaux profondes, échappées dans l’immensité de l’Univers et présences invisibles ou subtiles s’entremêlent. Pour Traversées Africaines 2025 seront dévoilés les tout récents fusains de l’artiste, entrelac complexe et vibrant agrémenté de nappes bleues et blanches à l’acrylique. Et des tout récents travaux graphiques, qui le font renouer avec ses premières amours de graffitis, un art de rue qu’il a aujourd’hui transmué en peintures murales au gré de ses promenades favorites.

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