Hamid Fakhoury en solo à Montigny-le-Bretonneux et Jean-François Galey Sand en trio à la Galerie

Actualité dense pour la Galerie Cécile Dufay en mars : Découvrez “Les Leçons des Ténèbres”, l’exposition personnelle d’Hamid Fakhoury hors les murs au Conservatoire des Arts de Montigny le Bretonneux (78)

et, en galerie, “Insondable”, trio show construit autour de la peinture de Jean-François Galey Sand, avec le jeune peintre Damien Toillon et les sculptures de Darnaud & Goradesky.
Hamid Fakhoury et Jean-François Galey Sand sont deux piliers de la galerie Cécile Dufay. Artistes-phares par leur profonde originalité et leur densité, ils seront exposés dans et hors les murs en parallèle durant le mois de mars.
HAMID FAKHOURY : “LES LECONS DES TENEBRES”
Vernissage le mercredi 5 mars 18h30 au Conservatoire des Arts, Montigny le Bretonneux, Exposition jusqu’au 28 mars 2025


Peinture, sculpture, estampes, les deux grandes salles du bel espace d’exposition de Montigny le Bretonneux vont rendre compte de l’étendue du talent de l’artiste Verriérois, qui vient en voisin.
La période est dense à l’approche de son soixantième anniversaire : l’exposition personnelle au Conservatoire des arts sera suivie en avril par l’installation de la sculpture “LES FRERES”, un bronze monumental commandé par l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine à l’artiste pour célébrer la fraternité. Ce bronze sera érigé en plein cœur de la Cité du Bois de l’Etang, très touchée par les émeutes urbaines suite à la mort du jeune Nahel en 2023. Cité que l’artiste de bientôt 60 ans, né à Casablanca, n’a jamais quittée.
L’exposition et son titre font référence aux pièces de Couperin, jouées lors des veillées Pascales, et qui ont inspiré la dernière série de peintures en noir et blanc de l’artiste, portant sur les horreurs de la guerre.
Lui qui peint des ciels, sculpte des Adam, et grave les rapports humains, place dans cette exposition la noirceur des actes humains en regard des merveilles de l’Univers. L’art ne reste pas indifférent au réel. Mais il le transcende : pour Hamid Fakhoury, il convient toujours de prendre le maximum de hauteur possible, et de considérer les mouvements de l’Histoire et de l’âme via une connexion spirituelle fortement ancrée non pas dans le réalisme, si banal et si faux, mais dans la densité de la vie intime.
Ses sculptures présentent des têtes de lutteurs de la vie, cabossés mais jamais rabaissés par leurs expériences. Ses toiles emportent dans des ciels plus ou moins lointains, peuplés de créatures et de présences pour qui sait voir. Il n’y a pas d’abandon à la mélancolie pour qui sait se reconnecter à la beauté du monde. Et ce sont dans les ténèbres les plus noires que la lumière éclaire le plus. Une exposition et une vision salutaires dans la période actuelle.
«Je propose quelque chose d’inédit, une consolation à la morosité du monde. Ma promesse, ce sont des parcelles de ciel»
Hamid Fakhoury
JEAN-FRANCOIS GALEY SAND : “INSONDABLE”
Vernissage jeudi 13 mars 18h
Galerie Cécile Dufay
Exposition jusqu’au 10 avril 2025


Voici une mise au point tellement rafraîchissante : si l’artiste pouvait expliquer son art, alors il écrirait. Et ne peindrait pas. Partant de ce principe, Jean-François Galey Sand peint des scènes indéfinissables, indéchiffrables, insondables. Mystère et non pas ésotérisme creux, ténèbres et non pas noirceur, histoires sans paroles. Et surtout, peintures exécutées avec maestria sur de petits formats léchés et fouillés, préparés et mûris longuement au préalable au crayon sur papier. Le sens vous échappe ? C’est normal et c’est tout leur charme. En revanche, vous pourrez toucher du doigt le processus, via l’exposition en regard des peintures et de leurs dessins préparatoires.
Quoi de plus déprimant que l’explication, le propos faussement philosophique, ou la pose engagée ? La propagande contemporaine en regorge, alors que l’art a toujours éclos dans ces interstices où les mots ne consolent ni ne décrivent, où la sensation se trouble, ou le désir se réfugie.
Jean-François Galey Sand fit les Beaux-Arts de Paris à une période où la peinture était devenue un trop grand mot pour les gros bonnets de l’art conceptuel. Il fut dès le mitan des années 80 présenté à la Fiac, avec de grands formats abstraits. Enfin débarrassé des scories de la jeunesse, il peint à l’âge mûr de petites scènes baignées d’une enfance et d’une jeunesse apparemment fort peu simples. Après avoir passé sa vie à fréquenter les Maîtres dans tous les musées possibles.
Faire le choix de ce qu’on considère profondément comme l’excellence, et tourner résolument le dos à l’obligation de communication et de transparence de l’époque, source d’assèchement de l’esprit, de l’âme et de la vie : voici la perspective qu’ouvre Galey Sand. Et il atteint son objectif avec brio, nous perdant dans des contes et légendes sans paroles, sans narration, pleins d’impressions vagues, qu’on qualifierait volontiers de cinématographiques si ce terme n’était pas si galvaudé. Reprenant le flambeau du clair-obscur et de l’ambiguïté foncière de la peinture de scènes de genre, notamment française, les peintures de Galey Sand épanouissent l’imaginaire et flattent l’œil autant que l’intelligence, d’autant qu’elles sont dépourvues de pompeux concepts. La séduction opère, et bien plus, la magie.
« Vraie Lumière,
François cheng
Celle qui jaillit de la Nuit ;
Et vraie Nuit,
Celle d’où jaillit la Lumière. »









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