Benoît DEBORDES & Hélène MILAKIS
VERNISSAGE LE JEUDI 29 FEVRIER
Exposition du 29 février au 16 mars 2024
Benoît Debordes a débuté comme peintre abstrait. Il sculpte, aussi. C’est dire si son vocabulaire de formes est personnel. Ceci explique également la présence de matières indéfinissables, très structurées pourtant mais impossible à classifier, dans ses toiles. Jamais on ne comprendra tout à fait sa peinture : ultra référencée, elle rend hommage à une histoire de l’art qu’il connaît d’autant mieux qu’il baigne dedans depuis toujours, c’est une passion familiale. Mais elle est surtout incroyablement
contradictoires et extrêmes, qui peut aimer et haïr en même temps : capables que nous sommes tous du pire comme du meilleur. Et pas forcément successivement…
Sa palette est à l’avenant. Beaucoup de couleurs, même pastel, mais recouvertes presque toujours d’un voile grisé. Dans une époque pénible où tout le monde veut traquer les mystères et les révéler au grand jour, Debordes affirme sa volonté de cacher le plus possible les choses pour les rendre visibles, acceptables, belles peut-être. Savoir ? Pour quoi faire ? Ne sommes-nous pas impuissants comme l’Histoire nous le répète inlassablement ? Debordes préfère décaler le regard pour le forcer à apprivoiser ce qu’il abhorre par-dessus tout aujourd’hui, en raison des manipulations politiques et économiques : la nuance et la complexité. Le monde n’est pas un champ de roses, mais la vie ne vaut rien sans zones d’ombres. Merci Benoît.
Benoît Debordes entre aux Beaux-Arts de Paris et très vite expose – des grandes peintures abstraites – dans le quartier St Germain. Sa vie mouvementée le conduira loin de son univers intime, entre nécessités nourricières et peinture de commande. L’âge mûr lui offre un cadeau extraordinaire : renouer avec la peinture – SA peinture – et le dessin, réexplorer ses mondes, librement. C’est à ce moment que nos routes se croisent. Cela fait 3 ans que j’attends impatiemment de l’exposer – avec fierté.
Hélène Milakis, exposée très régulièrement à Paris et ailleurs, beaucoup admirée à juste titre pour ses grands formats spectaculaires, et à dire vrai théâtraux, peint aussi de petits formats, qui ne perdent pas en intensité. Fidèle à ses origines grecques, elle offre un abrégé saisissant de la tragédie de vivre : unité de temps, de lieu, de sujet. Sur un moment de bascule, sur un regard capté au vol, dont on devine la profondeur effarée, Milakis reconstitue une scène fondatrice, souvent liée à la vulnérabilité féminine. Vulnérabilité qui ne signifie en rien faiblesse. La violence donne aux filles et aux femmes l’énergie du désespoir, inépuisable et féroce. C’est cette renaissance de Phénix que Milakis glorifie dans un cadre hautement totémique, celui du temple grec, cette origine du monde.
L’univers de ces deux grands peintres, puissant et adulte, crée une déambulation étrange mais salvatrice, un voyage initiatique en somme. Il n’y a pas de totems sans tabous.
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Hubert et Mauss, 1904, in « Esquisse d’une théorie générale de la magie »
« La magie s’est souvenue, tout le long de son existence, de son origine sociale. Chacun de ses éléments, agents, rites et représentations, non seulement perpétue le souvenir de ces états collectifs originels, mais encore donne lieu à leur reproduction sous une forme atténuée. Tous les jours, la société ordonne, pour ainsi dire, de nouveaux magiciens, expérimente des rites, écoute des contes inédits, qui sont toujours les mêmes. »












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