Trio Show Fournié – Trichon – Brotons

Exposition du 6 juin au 13 juillet 2024, Vernissage le jeudi 6 juin 19h.
Certains artistes condensent la puissance de la nature et la force de nos perceptions dans leur pratique. Leur expression est énergique et pourtant contenue, semblant refléter un continent immense de ressentis telluriques sous-jacents.
C’est le cas de ces trois artistes : Catherine Fournié, Jean-Pascal Brotons et Albertine Trichon. Ils sont de ceux qui ne cherchent pas à donner de la vie à leur œuvre : ils ont tellement de caractère mediumnique qu’ils semblent plutôt tenter de discipliner une irradiation.
Catherine Fournié est peintre de paysages, aussi éloignée que possible des aimables visions d’une nature proprette propice aux amourettes. C’est la passion créative explosive qu’elle reflète, et ses couleurs jouissives explosent dans une gestuelle libérée, allusive et capable d’évoquer les chutes d’eau en cataracte, les montagnes encore empreintes de leur lave incandescente, les arbres enracinés plus résistants que la roche qui les supporte. Sa force vitale, sa joie bouillonnante, ses pouvoirs féminins ensanglantent les paysages, forment des bleus à la surface des adrets, rosissent d’un plaisir de vivre sauvage ses bords de mer.
Catherine Fournié est une femme petite et menue. Certes. Mais c’est surtout un grand peintre coloriste à la touche sensuelle, et elle reflète parfaitement la notion d’énergie atomique : contention maximale pour une explosivité renforcée.
https://www.instagram.com/catherine_fournie/
Pas facile d’exister à côté de ces œuvres, et Jean-Pascal Brotons y parvient. Lui aussi est un spécialiste de la condensation : il enferme l’énergie de ses formes dans le bois notamment, ce bois qui vient du fond des âges, matériau vivant qui nous a permis de vivre en nous oxygénant. Ce pouvoir inouï de nous rendre vivants, il le conserve une fois l’arbre mort. Les nervures, les formes incluses, l’aspect de chair figée ne meurent pas.
Jean-Pascal Brotons les met en lumière. Patiemment, lentement, calmement, il procède à cette révélation druidique dans le secret de son atelier, comme s’il parvenait à réenfermer la vitalité de l’arbre dans sa souche éternelle. Si l’on juge un sculpteur dans sa capacité à inventer des formes, je vous recommande d’observer avec attention ses « balles de bois » aux griffes rentrées : du jamais-vu.
https://www.instagram.com/brotonsjeanpascal/




Enfin, il y a Albertine Trichon. Sur papier ou sur toile, ses scènes débordent de vitalité, sciemment jetées dans l’espace avec une sorte de rage contenue, qui déborde, englobe, jaillit en couleurs et en traits qui n’ont aucune part à la recherche esthétique, et… Deviennent si beaux.
Comme la vie du Sud, dont elle est issue (Albertine Trichon est Grecque) : solaire et poussiéreuse, immémoriale et ancrée dans l’instant, bruyante et mythique. Sa dernière série provient de sa dernière résidence effectuée à Tanger, au Maroc, cette ville âpre et épicée, où le soleil même semble salé, où l’Art est moins fort que l’Eternité de la vie.
https://www.instagram.com/albertinetrichon/






Le 6 juin, jeudi à 19h, aura lieu le dernier vernissage de l’année, dans cette ambiance forte et solaire. Bienvenue.
Et bel été à tous.





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