vernissage le 11 janvier 2024 19H
exposition du 12 janvier au 3 février 2024
Bien débuter l’année : vaste programme.
Cela fait bien longtemps que les vœux et les résolutions sont derrière nous, rangés au rang des survivances charmantes aux côtés de l’Almanach Vermot et des bouquets de fleurs en soie.
Les fêtes ont été tellement ensanglantées cette année que toute innocente réjouissance nous semblait incongrue. Pourtant il faut vivre, rire, sourire, aimer, jouir de la vie, si nous le pouvons, par dignité, par politesse, par délicatesse.
Cette première exposition, « Over the Rainbow », fait appel à la force de vie de trois artistes d’Orient, chacun à sa façon. Se tourner du côté où le Soleil se lève est l’une des solutions : moins émollient, moins crépusculaire, à la fois ancestral et nouveau.
Ce sont donc les Dieux de l’Olympe colorisés façon néon par le Japonais Shuji Fukushima, les gardiens colossaux et prêts aux combats intérieurs de Hamid Fakhoury, et les paysages et personnages acidulés et gourmands comme des sucreries de Mohamed Kahouadji qui nous aideront à franchir cette frontière imaginaire de 2024.
Le Japon sera bien présent dans cette année du Dragon débutante. Shuji Fukushima a beau adorer l’Antiquité occidentale et les Symbolistes français, sa précision et sa faculté à dégager l’essentiel sont bien de l’archipel.
Mohamed Kahouadji a fait du Japon son pays imaginaire, peuplé de créatures pop perdues dans l’univers traditionnel électrifié et pulsatile de ce pays des contraires.
Quant à Hamid Fakhoury, il passa sa jeunesse dans l’univers japonais de la mode d’avant-garde : Yohji Yamamoto, Tokio Kumagaï – jusqu’à vivre à Tokyo quelques temps; intégrant à ses têtes des yeux bridés et cet aspect concentré et méditatif propre aux arts martiaux comme à la retenue asiatique.
Bienvenue dans ce monde énergique et exigeant.




Mohamed Kahouadji est un transgressif.
Pas de ces révoltés de salon qui pérorent sur ce que tout le monde a déjà pensé mais finalement préféré taire. Non, lui, souriant et doux, s’amuse de tout selon son inspiration, librement, et explore.
Il vénère le Japon, sa culture immémoriale, son don des mondes flottants et ses techniques ancestrales. Il les revisite version Street Art, l’univers dont il vient. Hokusaï est trempé dans la peinture électrique et métallisée. Les Chrysanthèmes deviennent des artichauts de l’espace. Les animaux de la Jungle s’immiscent aux pieds du Mont Fuji.
Sa colorimétrie explosive s’associe à un sens du détail et de la finition d’une précision sans doute héritée de sa formation et de sa pratique de chirurgien. Maniaque de qualité des supports autant que des couleurs, il fait fabriquer son papier au Moulin du Verger, selon une ancestrale technique, et le grammage épais ainsi que la surface irrégulière ont été conçues pour lui seul.
Les aquarellistes ne cessent de le rappeler à l’ordre : il fait tout le contraire de la pratique habituelle. Couleurs saturées. Couvrant toute la feuille. En multicouches. Mélangées, et hyper pigmentées en raison d’un usage en eau limité au maximum. Il faut absolument admirer son oeuvre dans ses vibrations, de près comme de loin, dans la vie réelle. C’est beau, joyeux, un peu perché. Parfait pour commencer l’année.
https://www.instagram.com/mohamed_kahouadji_/
MOHAMED KAHOUADJI – « NAGORI FUJI » (awakewatches.com)
▷ Mohamed Kahouadji | Achat d’Œuvres et Biographie – Artsper





Hommage aux classiques pétulant, cette première exposition de 2024 voit revenir les peintures chatoyantes de Shuji Fukushima – dont la galerie attendait la 2me exposition depuis l’été 2021. Encore plus denses et étonnantes dans leurs coloris, et toujours aussi douces et flottantes : des sentiments qui prennent l’air derrière un voile soyeux. De quoi trouver une joie printanière au plein cœur de l’hiver, dans un Village Suisse encore tout illuminé par les fêtes. De quoi célébrer une naturelle globalisation des Arts, continuelle réinterprétation et métamorphose qui se rit des époques comme des frontières et ne suit que son bon plaisir et l’attrait des artistes pour la liberté de leurs références. Ainsi, Shuji Fukushima le Japonais poursuit son rêve de marier les sujets antiques de l’Occident avec le monde flou, coloré et doux des Symbolistes français. Bel hommage, depuis Saïtama, où il réside. Ces oeuvres récentes, la plupart de 2023, sont soit des huiles sur toile, soit des acryliques sur papier.
https://www.instagram.com/shuji.fukushima.peintre.j/
CV_Japanese after English: – Shuji Fukushima / フクシマ シュウジ (jimdofree.com)




Hamid Fakhoury sculpte des colosses miniatures aux airs de gueules cassées. Beaux gosses amochés par la Vie, sensuels et butés, ils sont gardiens farouches de la beauté intérieure et défenseurs de leurs collectionneurs.
Protecteurs pour ceux qui les aiment et vaguement menaçants néanmoins. Ce ne sont pas des idoles mais des présences, semblables à ces statuettes d’argile immémoriales que l’on trouve dans le Sahara (dont sont issus les ancêtres de l’artiste)… et que l’on plaçait là où la dépouille d’un homme reposait – engloutie par les sables, comme on disparaît en mer – seuls endroits du monde où mourir tout à fait n’est pas possible. Symboles de l’immortalité de l’âme, si l’on veut. Après tout Hamid Fakhoury est Marocain, de ce pays de l’Eternité vivace.
https://www.instagram.com/hamidfakhoury/
Diaspo #283 : Hamid Fakhoury, de la scène internationale de la mode à la sculpture (yabiladi.com)
Hamid Fakhoury : « Tanger », gardien de l’humanité commune – The Art Momentum





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